Cannes 2016 : le fantastique divise les critiques en compétition officielle
Début de soirée jeudi dernier, les critiques se ruent sur leur smartphone à la sortie de la projection d'un des films les plus attendus du festival, "The Neon Demon", de Nicolas Winding Refn. Et les premiers avis sont plutôt négatifs sur Twitter : "Huées et deux insultes italiennes à la fin de la projo de #TheNeonDemon" ou encore "quelle cruauté ! Quelle beauté ! Mais malheureusement beaucoup de vide!!". Comme lors de sa précédente compétition cannoise ("Only god forgives" en 2013), le réalisateur Danois divise les critiques.
Affligeant, laid, idiot, vide, malsain, stupide, nauséeux, inepte, les adjectifs sont à la fête pour qualifier #TheNeonDemon. Oublier, vite.
— Laurent Delmas (@LtDelmas) 19 mai 2016
#TheNeonDemon : N. Winding signe un film de genre d'une vibrante beauté plastique, entre le kitsch et le sublime #Cannes2016
— Trois Couleurs (@Trois_Couleurs) 19 mai 2016
#TheNeonDemon de Winding Refn copieusement hué (mais aussi applaudi). Le mec a côté de moi a même crié «DE LA MERDE». #Cannes2016
— Anaïs Bordages (@AnaisBordages) 19 mai 2016
Le film du réalisateur danois, "Neon Demon", raconte la fulgurante ascension dans le mannequinat, d'une jeune fille fraichement arrivée à Los Angeles, le tout avec une pointe d'horreur, de cannibalisme et de vampirisme. Personal Shopper" est lui une ode fantomatique d'Assayas avec Kristen Stewart. Ces deux longs-métrages étaient les seuls à traiter du genre fantastique dans la course à la Palme d'or, ils ont reçu un accueil glacial. Ces revers témoignent du désamour récurrent des critiques pour le fantastique, en compétition officielle.
Les films plus ancrés dans la réalité, préférés au fantastique
Et cette désaffection pour ce genre ne date pas d'hier. Dans le flot des drames ancrés dans la réalité, ces films détonnent. En 2006, le film de science-fiction apocalyptique "Southland Tales" est très mal reçu par la presse. Lors de la première projection, une partie du public quitte la salle en cours de projection. Cette année-là, la rétrospective de la guerre d'indépendance irlandaise, "Le vent se lève" de Ken Loach, remporte la Palme d'or.Trois plus tard, Gaspar Noé, un des réalisateurs qui a le plus choqué le Festival de Cannes, est également vivement critiqué pour son film "Enter the void". Le film suit Oscar, un dealeur tué par balle à Tokyo, et dont l'esprit erre dans la ville pour continuer à veiller sur sa sœur. La presse reproche au réalisateur un film brouillon et trop long. Cette 62e édition du Festival de Cannes, verra le sacrement de Michael Haneke avec son film "Le Ruban blanc", retraçant l'histoire d'un village au nord de l'Allemagne, à la veille de la Première Guerre mondiale.
Des films fantastiques relégués dans la catégorie hors-compétition
Les films fantastique et de science-fiction sont nettement plus appréciés lorsqu'ils sont projeté hors-compétition. Dans cette catégorie, la direction du Festival de Cannes fait appel à des maîtres de l'art, comme George Miller l'année dernière avec son "Mad Max : Fury Road", ou encore Steven Spielberg avec le joli conte "Le Bon Gros Géant" pour cette 69e édition du Festival. Ces films apportent un vent de fraîcheur, contrebalancent la pesante compétition officielle. Les critiques sont moins pointilleuses et se laissent plus facilement transporter dans un monde éloigné du notre, où tout reste possible.De rares films fantastiques primés
Quelques rares longs-métrages fantastiques, ont toutefois tiré leur épingle du jeu. En 2015, le conte féérique "Tale of tales", de l'italien Matteo Garrone, enchante la croisette. L'esthétique et les costumes baroques de ce film, mixant les plus célèbres contes pour enfants, ont charmé lors de la projection. Mais le film ne sera pas récompensé.En revanche, dans les années 70, plusieurs films de science-fiction sont primés à Cannes. En 1972, l'Américain George Roy Hill dévoile "Abattoir", l'histoire d'un ancien soldat américain de la 2nde Guerre Mondiale, qui se réfugie dans ses souvenirs en utilisant un don bien particulier : il peut voyager dans le temps. Le film reçoit le Prix du jury. La même année, le Grand prix est décerné à Andreï Tarkovski pour "Solaris". Le long métrage suit le docteur Kris Kelvin en mission dans une station, posée sur une planète recouverte d'eau.
Les fans de SF et de fantasy espèrent, depuis longtemps maintenant, retrouver ce genre cinématographique parmi les films récompensés de la croisette.
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