Star Trek : Leonard Nimoy, alias Monsieur Spock, a rejoint les étoiles
Souffrant de graves problèmes pulmonaires, Leonard Nimoy avait été hospitalisé il y a quelques jours à la suite de violentes douleurs à la poitrine, avait-on pu lire récemment sur les réseaux sociaux et sur les comptes Facebook et Twitter de ses anciens complices de "Star Trek", parmi lesquels William Shatner (James T. Kirk) et George Takei (Monsieur Sulu) qui lui souhaitaient de vite se remettre de cette épreuve. Selon le site officiel de "Star Trek", l'acteur s'est éteint chez lui.
"Comme vous le savez mon grand-père est mort ce matin à 8H40 (16H40 GMT)... Merci pour vos chaleureuses condoléances. Puissiez-vous tous connaître une longue vie et prospérité", a écrit de son côté Dani, la petite fille de Leonard Nimoy, reprenant la célèbre salutation prisée par Spock ("Live long and prosper", abrégé en "LLAP").
RIP Leonard Nimoy. So many of us at NASA were inspired by Star Trek. Boldly go... http://t.co/qpeH5BTzQc pic.twitter.com/nMmFMKYv1L
— NASA (@NASA) 27 Février 2015
William Shatner (Kirk) a rendu hommage à son ami sur Facebook et Twitter : "Je l'aimais comme un frère. Son humour, son talent et sa capacité à aimer vont nous manquer."Par le même biais, George Takei (Sulu) a écrit : "Aujourd'hui, nous avons perdu un grand homme, et j'ai perdu un grand ami. Nous te rendons aux étoiles, Leonard. Tu nous a enseigné à "vivre longtemps et dans la prospérité", et c'est ce que tu as fait, mon ami. Tu vas me manquer à bien des égards."
Barack Obama a déclaré vendredi qu'il "adorait Spock" au point de lui avoir adressé un "salut vulcain" lorsqu'il l'avait rencontré en 2007.
Spock, moitié vulcain, moitié humain
La carrière de Leonard Nimoy a été profondément marquée par le personnage de Spock, mi-humain, mi-vulcain, fruit d'un succulent métissage interstellaire, pince-sans-rire aux oreilles pointues et cultivant une logique froide, créé par Gene Roddenberry. Né à Boston le 26 mars 1931, Leonard Nimoy a quitté la Nouvelle-Angleterre pour Hollywood à l'âge de 18 ans, où il a interprété une pléiade de petits rôles dans des séries américaines des années 1950 et 60 ("Bonanza", "Twilight Zone", "Perry Mason", "Au-delà du réel", "Le Virginien", "Mission : impossible"...).
En 1966, il obtient le rôle de sa vie, celui qui fera de lui une légende de la science-fiction pour le petit, puis, plusieurs années plus tard, le grand écran.
Défenseur de la "logique" face aux émotions humaines trop ingérables à son goût, Spock incarnait un contrepoids froid et rationnel face à son ami et capitaine à bord du vaisseau USS Enterprise, l'impulsif et tourmenté James Tiberius Kirk, joué par William Shatner, sous l'arbitrage bienveillant du médecin flegmatique du vaisseau Leonard "Bones" McCoy, interprété par DeForest Kelley, disparu en 1999. À certains moments toutefois, sous la carapace intraitable du Vulcain, pointaient furtivement quelques émotions dues à sa nature à demi-humaine (sa mère étant terrienne). Acteur et réalisateur
En plus de son travail d'acteur, Leonard Nimoy était réalisateur. Il a dirigé deux longs métrages de "Star Trek", dont "Star Trek IV : Retour sur terre" qui a été l'un des mieux reçus par la critique. Il a également réalisé, en 1987, le film "3 Men and a Baby", adaptation du film français "Trois hommes et un couffin", mettant en vedette Tom Selleck.
Leonard Nimoy, comme d'autres têtes d'affiche de "Star Trek", a eu bien du mal à trouver d'autres rôles, étant resté fortement associé à la série de science fiction. Au cours de sa carrière, il a fait de la télévision, du cinéma, du théâtre, de la chanson, il a prêté sa voix à des documentaires, à des jeux vidéo et des séries, il a écrit des livres de photographie et de poésie. Entre 2008 et 2013, il a joué dans la série "Fringe" de J.J. Abrams. En 1975, il a écrit l'essai "Je ne suis pas Spock", dans une tentative de se dissocier du célèbre Vulcain, qui demeure extrêmement populaire auprès de légions de fans dans le monde. Avec humour, il s'est résigné à souligner "Je suis Spock" en titre d'un autre ouvrage, quelques années plus tard
En 2014, Leonard Nimoy avait annoncé qu'il souffrait d'une maladie pulmonaire chronique. Il avait pourtant arrêté de fumer il y a une trentaine d'années. Le 11 janvier dernier, sur son compte Twitter, il appelait ses fans à ne pas fumer : "Ne fumez pas. J'ai fumé. J'aimerais ne l'avoir jamais fait. LLAP."
Don't smoke. I did. Wish I never had. LLAP
— Leonard Nimoy (@TheRealNimoy) 11 Janvier 2015
Le tout dernier tweet de sa main, posté le 23 février, était un message poétique : "Une vie est comme un jardin. On peut y vivre des moments parfaits, mais on ne peut les préserver, seule notre mémoire les conserve. LLAP."
A life is like a garden. Perfect moments can be had, but not preserved, except in memory. LLAP
— Leonard Nimoy (@TheRealNimoy) 23 Février 2015
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