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L'essor de la mode masculine, une réaction à la libération de la femme !

L'essor de la mode masculine est une réaction au mouvement de libération des femmes, les hommes revendiquant aussi une liberté vestimentaire totale, explique Gérald Cohen, auteur de "La Mode comme observatoire du monde qui change". Focus sur cet univers en 3 questions, alors que défile, sur les podiums parisiens, le prêt-à-porter masculin pour l'automne-hiver 2015-16.
Article rédigé par franceinfo - Corinne Jeammet (avec AFP)
France Télévisions
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 4min
Couverture et extrait de "La mode comme observatoire du monde qui change" de Gérald Cohen aux éditions L'Editeur 
 (DR)

Personnalité du milieu des créateurs de mode, Gérald Cohen y raconte le monde et la mode sur 3 générations : Nos parents les Super-héros, sa génération la génération charnière, et aujourd’hui les Babys. Il y parle de mode, de communication mais aussi d’Internet, des réseaux sociaux et de ses expériences professionnelles….

"La mode comme observatoire du monde qui change"
 (Simon Procter)
On y découvre comment la mode et devenue une industrie dominante qui sert de modèle de communication à de nombreuses industries mais aussi au monde de l’art et de la politique. Le rôle des célébrités dans la communication des marques mais aussi celui des réseaux sociaux. L’évolution du monde de la presse sur internet et le pouvoir des blogs. Le modèle économique de la nouvelle génération de marques qui est en train de naître : les BabyBrands. 

On a vu ces dernières années les hommes s'approprier de plus en plus leur mode. Comment ce mouvement est-il apparu ?

Gérald Cohen : "Cela a démarré progressivement à partir de la fin des années 1960, au moment où les femmes ont commencé leur mouvement de libération. Les hommes ont eu alors des revendications concernant leur apparence, leur sensibilité, des domaines qui, jusqu'alors, leur étaient socialement interdits comme soigner leur look. Dans cette évolution, les homosexuels ont joué un rôle de précurseurs. Ils ont initié le processus en banalisant ce qui était mal accepté, voire tabou pour les garçons. Ils se sont mis à porter dans la rue des shorts, des bermudas, des sandales, le célèbre Marcel, autant de vêtements ringards dans les années 70 et 80 et qui sont aujourd'hui devenus tendance pour tous les hommes, quelle que soit leur orientation sexuelle. Puis, le reste de la garde-robe masculine a suivi".
Extrait de "La mode comme observatoire du monde qui change".
 (DR)
L'une des manifestations de ce mouvement, ces dernières années, a été l'émergence des blogs de mode tenus par les hommes. Quelle est leur influence réelle ?

Gérald Cohen : "Cette nouvelle ère de libéralisation de la mode masculine, qui coïncide aussi avec la montée en puissance d'internet, a logiquement permis à des internautes de communiquer librement leur façon de voir la mode, via les blogs. Le pionnier en la matière a sans doute été "The Sartorialist", tenu à partir de 2005 par le new-yorkais Scott Schuman. Il présentait des vêtements non plus vus dans les magazines spécialisés ou les défilés mais des photos de personnes choisies directement dans la rue. Les blogs masculins sont arrivés en France quelques années après et rivalisent en nombre et en qualité avec les blogs féminins. ( …) Mais leur rôle le plus important, selon moi, est lié aux moteurs de recherche (….). En clair, plus vous êtes cités sur ces blogs et plus vous générez de commerce en ligne sur votre marque".
  (L'Editeur)

Du coup, les défilés sont-ils toujours aussi pertinents ?

Gérald Cohen : "Avec cette accélération liée à internet, on a pensé, un temps, que les défilés étaient dépassés. En effet, n'importe qui peut aujourd'hui photographier des modèles lors du défilé d'une grande enseigne et les mettre en ligne instantanément. Avec le risque pour cette marque de voir ses formes, ses matières ou ses couleurs copiées, en quelques semaines, par des marques plus modestes. Les professionnels du secteur ont même envisagé, il y a quelques années, de réglementer sévèrement l'accès des photographes aux défilés mais sans succès car la vague internet a été plus forte. Les défilés doivent donc s'adapter à cette nouvelle donne. Sans doute vont-ils, de plus en plus, devenir à l'avenir des shows destinés à créer le buzz autour d'une marque via des milliers d'images dupliquées à l'infini par les médias".

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