Vers un septième jour de grève à Radio France
Dans les couloirs de la Maison de la radio, on l'appelle "la tutelle". Comprendre, l'Etat, actionnaire unique de Radio France et plus précisément, le ministère de la Culture. C'est là qu'était "convoqué" ce mercredi le président de l'entreprise publique. La ministre de la Culture, Fleur Pellerin l'y attendait pour une entrevue musclée.
"Des propositions précises et fermes "
La ministre a fait savoir qu'elle avait demandé à Mathieu Gallet un "projet précis " de fournir "sous 15 jours des propositions précises et fermes" sur la stratégie de l'entreprise" . Elle demande également "un point de situation sur les discussions avec les représentants des salariés", se disant "préoccupée par ce mouvement qui dure ".
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Le ministère estime que les propositions déjà fournies par le président ne sont pas suffisamment "précises et documentées ". Au point qu'il n'aurait pas de quoi négocier et construire le Contrat d'objectifs et de moyens (COM), qui doit fixer les objectifs et les moyens du groupe pour les prochaines années. Après Mathieu Gallet, une délégation des salariés, venus manifester sous ses fenêtres à l'appel de la CGT, qui en a compté 350, a été reçue par le cabinet de la ministre
Ce recadrage public du jeune dirigeant n'a pas empêché la ministre d'attribuer la situation de Radio France à l'ancienne majorité devant l'Assemblée nationale : "Sous le gouvernement Fillon ", a-t-elle dit, "le gouvernement s'était engagé à augmenter de 13% sur 4 ans les moyens de Radio France, et les ressources n'étaient pas disponibles ", a-t-elle ajouter avant de rappeler que l'Etat avait "besoin d'exemplarité " et de justifier l'enquête de l'Inspection générale des Finances sur les dépenses de la présidence de Radio France.
La "confiance" du CSA
Face à cette charge, le Conseil supérieur de l'audiovisuel, qui a nommé Mathieu Gallet à la tête du groupe de radio public l'an dernier, a réagi alors qu'il était resté discret depuis le début du conflit. Il a lui aussi demandé des précisions sur sa stratégie, tout en lui maintenant "sa confiance ". L'assemblée générale des grévistes a pour sa part reconduit pour le septième jour un des mouvements sociaux les plus durs de l'histoire de Radio France.
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