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Quelques conseils pour ne pas vous faire virer des Jeux olympiques

Venez sans appareil photo avec flash, sans marques, sans carte bleue, sans instrument de musique, sans appareil photo, sans appétit et tout ira bien. 

Article rédigé par Pierre Godon
France Télévisions
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 6min
Un fan allemand lors des JO de Pékin (Chine), le 14 août 2008. (SAEED KHAN / AFP)

Si vous avez acheté des billets pour les Jeux olympiques de Londres, vous avez peut-être négligemment jeté le papier écrit en petits caractères, à côté de la pochette contenant les précieux sésames. Erreur ! On peut y lire un tas d'interdictions qui vous seront bien utiles pour faire vos bagages vers la capitale londonienne. FTVi vous donne quelques conseils pour ne pas vous faire éjecter des tribunes.

• Prendre son drapeau breton et son biniou : mauvaise idée

Il est interdit d'apporter un drapeau d'un pays qui ne participe pas aux Jeux olympiques. Or, pratiquement toutes les nations souveraines du monde, hormis le Vatican, envoient au moins un athlète à Londres. Cette interdiction est une façon détournée d'interdire les drapeaux de nations qui ne sont pas reconnues par tous, comme le Tibet. Si les Gallois, les Ecossais, les Anglais et les Nord-Irlandais auront droit à leur drapeau distinctif en tribune, évitez de tenter votre chance avec le drapeau breton.

Quant au biniou, il risque fort de rester à la consigne du stade. Tout instrument bruyant comme les sifflets, les vuvuzelas ou les cornes de brume, est interdit. De là à ce que l'ensemble des Jeux ressemble à un match à Wimbledon où le silence est de mise...

Ce fan de basket lituanien, très expressif, devra se passer de sa grosse caisse aux JO... (CARLOS GARCIA RAWLINS / REUTERS )

• Apporter un casse-croûte aux Jeux : mauvaise idée

Si vous avez des places pour des épreuves au long cours, comme la course cycliste sur route (qui dure six heures !), vous aurez la tentation de venir avec votre sandwich histoire de ne pas mourir d'inanition pendant la compétition. Et là, les organisateurs font dans la nuance : vous n'avez pas le droit d'apporter un pique-nique dans un site olympique, sauf s'il s'agit de petites quantités.

En revanche, vous êtes plus qu'invités à aller dépenser vos livres sterling au stand le plus proche, où de la nourriture "savoureuse et saine" vous attend. La pinte de bière est à 9 euros, soit deux fois plus que dans un pub, note le New York Times (lien en anglais). Mais il y aura des fontaines à eau gratuites sur tous les sites olympiques.

• Porter un tee-shirt avec un énorme logo de Pepsi : vous pouvez, mais...

Vous ne ferez pas plaisir à Sebastian Coe, le grand manitou de ces Jeux, qui s'est ouvertement interrogé sur la perspective d'interdire les marques concurrentes dans les tribunes, pour faire plaisir à Adidas, Coca-Cola, McDonald's ou Cadbury qui paient 100 millions de dollars (82 millions d'euros) pour être top sponsor de l'événement. 

"Vous ne pourrez pas entrer dans le stade avec un tee-shirt portant le logo de Pepsi, a expliqué Sebastian Coe à la radio britannique vendredi 20 juillet. Coca-Cola a investi des millions d'euros dans les Jeux olympiques, nous devons protéger leurs intérêts. En revanche, on ne vous fera pas enlever vos baskets Nike, il faut être réaliste. Vous êtes contents ?" Le comité d'organisation, dirigé par Coe, s'est empressé d'affirmer dès le lendemain que tous les tee-shirts étaient les bienvenus.

Le souvenir des JO de 1996, où Nike avait distribué des drapeaux aux spectateurs d'un tournoi sponsorisé par Reebok, est encore vif dans l'esprit des responsables du marketing. Le comité d'organisation a précisé que si un groupe de personnes portant des tee-shirts avec le logo d'une marque se massaient dans une partie des tribunes, il pourrait y avoir expulsion. Comme dans le cas célèbre de la marque de bière néerlandaise Bavaria, qui avait envoyé en 2010 de jolies jeunes femmes vêtues en orange faire de la pub dans les tribunes, alors qu'elle n'était pas sponsor du Mondial de foot. 

La marque de bière Bavaria avait payé une trentaine de jeunes femmes vêtues en orange pour faire sa pub lors de la Coupe du monde 2010 où son concurrent Budweiser était le sponsor. (JEWEL SAMAD / AFP)

Evitez aussi les sacs sarcastiques vendus sur le site thatbigeventinlondon.co.uk (lien en anglais), sur lesquels on peut lire, dans un design copié sur celui des Jeux : "Ils sont tous sous stéroïdes", "J'ai mis trois heures à venir au boulot ce matin" ou "J'ai loué mon appart à une famille d'Américains obèses".

• Retirer de l'argent en catastrophe aux abords du site olympique : c'est quoi votre carte bleue?

Comme autour de la Copper Box, la salle qui accueille la compétition de handball et de pentathlon moderne, il y a bien des distributeurs autour du stade, mais qui acceptent uniquement les cartes Visa (document PDF), "signe de reconnaissance de son soutien [celui de la société] de longue date aux Jeux olympiques", peut-on lire dans toutes les brochures officielles. La compagnie est devenue sponsor des Jeux (et a réussi à déloger dans des conditions douteuses son concurrent Mastercard pour la Coupe du monde de football, comme l'explique le Guardian). "Les idéaux des Jeux olympiques sont relégués au second plan quand ils entrent en conflit avec les intérêts des sponsors", a tonné Ron Delnevo, d'une organisation bancaire britannique dans Metro UK (lien en anglais).

• Utiliser un appareil photo ? Ça dépend.

Dans les salles fermées, il est déconseillé (le mot poli pour dire interdit) de faire des photos avec flash quand on est situé derrière les buts. C'est également interdit lors des compétitions de plongeon, de gymnastique, de basket, de tennis ou de cyclisme sur piste.

Les spectateurs chinois, appareil photo en main, lors d'un match de basket entre la Chine et les Etats-Unis, lors du tournoi olympique des Jeux de Pékin, en 2008. (BOB ROSATTO / SPORTS ILLUSTRATED / GETTY IMAGES)

Dans tous les stades olympiques, les appareils photo "professionnels" sont interdits. Le British Journal of Photography (lien en anglais) s'est déjà élevé contre le flou artistique de la consigne : selon le stade, selon la taille des sièges, selon la discipline, certains types d'appareils seront acceptés ou pas. Et il est théoriquement interdit de poster vidéos et photos sur Facebook ou YouTube... même si les auteurs de l'interdiction ont reconnu sur la BBC qu'elle était inapplicable. 

Tout ça grâce à une loi votée en 2006 (lien en anglais), qui autorise les organisateurs de grands événements comme les JO ou la Coupe du monde à dicter leurs propres règles sur les stades. La liste des objets interdits est sans fin, les exceptions cocasses (le poignard traditionnel sikh est autorisé, mais un compas ne passera pas les barrières de sécurité). Et, conclut ITV sur son site, en bas de la liste des objets interdits, tout objet qui ressemble un tant soit peu à un objet interdit est interdit. Nous voilà bien avancés.

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