Stade Français / Greg Cooper : "Je ne suis pas paniqué"
Pourquoi avoir accepté de prendre la succession de Gonzalo Quesada ?
"Gonzalo a décidé de ne pas rester. Nous sommes très bons amis, nous avons développé une très bonne relation en peu de temps. Thomas (Savare, le président du club) m'a demandé si je voulais le poste et j'étais très intéressé. Je crois en un nouveau projet, nous avons des joueurs talentueux. J'aime Paris, c'est un endroit fantastique, j'aime la vie ici. Et je crois qu'on peut continuer à avoir du succès au Stade Français."
Avez-vous hésité à accepter cette proposition?
"Non. J'ai parlé franchement à Thomas, il fallait que je comprenne sa vision. Maintenant, je connais le club, je ne viens pas de l'extérieur. Je connais les gens, la culture, les supporters. Une fois que j'avais compris la vision de Thomas, que je partage, je n'ai pas eu besoin de temps pour prendre ma décision."
Préférez-vous construire une équipe ou en trouver une déjà rodée?
"Cela ne me dérange pas, parce que chaque équipe est en permanente construction. Les Néo-Zélandais ont perdu quelques joueurs après la Coupe du monde et ont continué à construire. Vous pouvez tout refaire de la tête aux pieds, construire la personnalité, les facultés, l'environnement, les compétences. Donc il y a beaucoup de façons de construire. Quand on gagne, quand on ne gagne pas, on construit aussi."
Tout de même, il y a des inquiétudes sur la compétitivité de l'équipe la saison prochaine, en raison du départ de nombreux cadres (Rabah Slimani, Raphaël Lakafia, Geoffrey Doumayrou, Hugo Bonneval...). Êtes-vous inquiet ?
"Non. J'ai un immense respect pour les joueurs qui partent, mais nous devons remplacer les bonnes personnes par les bonnes personnes. Peut-être qu'elles n'auront pas exactement les mêmes capacités, mais nous grandirons. Parfois, nous sous-estimons le tempérament dans le rugby. La personnalité est primordiale dans toute forme de vie. Mon travail sera de continuer à façonner un tempérament solide. Nous avons une bonne structure pour faire du rugby, un bon environnement. Nous avons une forte personnalité. Je ne suis pas paniqué."
Ce sera votre premier expérience de directeur sportif en Europe. Vous sentez-vous prêt?
"J'ai été entraîneur principal en Nouvelle-Zélande, en Super Rugby et chez les moins de 21 ans, et au Japon. J'ai 7 ou 8 années d'expérience en tant que tel. J'ai l'habitude de m'approprier différents environnements, cultures, des styles de jeu, des manières de s'entraîner... Le rugby, c'est s'adapter. Dans le jeu, sur le terrain d'entraînement, dans son environnement."
Justement, quel est votre plan de jeu pour la saison prochaine?
"Le Stade Français est la deuxième meilleure attaque du championnat (avant la défaite 46-10 à Clermont, NDLR). Gonzalo et moi avons travaillé là-dessus. Nous ne pouvons pas dire que nous voulons rester les mêmes, car nous devons nous améliorer. Mais les fondamentaux - qui nous sommes - ne changeront pas. Le jeu restera pour l'essentiel le même mais il y aura quelques variations."
Sur un plan personnel, qu'est-ce qui vous a fait venir en Europe?
"J'ai toujours voulu revenir en Europe. Je suis à moitié croate, ma mère vient de l'arrière-pays de Split. Je me suis toujours senti très proche de l'Europe. J'ai joué en Italie, à Trévise et Brescia. Ma soeur est professeur de français, j'ai toujours aimé la culture française. La plupart des Néo-Zélandais connaissent le Stade Français. Ces dernières années, Toulon a acquis une réputation avec Sonny Bill Williams ou Tana Umaga mais avant cela, le Stade Français était plus connu que la plupart des équipes. La France, l'Europe, Paris, le Stade Français... Pour moi, c'est parfait."
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