Mondiaux de patinage : Papadakis et Cizeron quatre à quatre
Sur la même glace japonaise il y a cinq ans, Gabriella Papadakis et Guillaume Cizeron, alors âgés de 18 et 19 ans, faisaient les tout premiers pas de leur carrière dans un championnat du monde. Ils s'étaient alors classés treizièmes. Dès l'hiver suivant, le duo français connaissait une ascension fulgurante en conquérant l'or européen... et mondial. Pour ne plus quitter depuis les sommets de sa discipline. Cet hiver post-olympique en est une nouvelle illustration.
Après une saison olympique forcément éprouvante, au cours duquel les Canadiens Tessa Virtue et Scott Moir (désormais retirés de la compétition) les avaient privés d'or aux JO 2018 après un malencontreux incident de robe, Papadakis et Cizeron ont enrichi leur palmarès d'une cinquième médaille d'or européenne consécutive (2015-2019) et d'une quatrième couronne mondiale (après 2015, 2016 et 2018). "C'est bizarre de réaliser qu'on a fait tout ce chemin en juste cinq ans, en termes de résultats mais surtout de chemin dans nos têtes", sourit Papadakis.
Samedi, les vice-champions olympiques 2018 ont récolté un score record de 222,65 points. Ils ont devancé les Russes Victoria Sinitsina et Nikita Katsalapov (211,76) et les Américains Madison Hubbell et Zachary Donohue (210,40), leurs partenaires d'entraînement à Montréal.
"Garder de l'énergie"
La veille, Gabriella Papadakis et Guillaume Cizeron avaient tutoyé la perfection dès la danse rythmique (ex-danse courte), s'approchant à à peine plus de trois points du score maximal (88,42 points pour 91,52). Vingt-quatre heures plus tard, ils ont également dominé la danse libre (134,23). Désormais quadruples champions du monde, ils rejoignent dans l'histoire du patinage français Andrée et Pierre Brunet, les seuls titrés autant de fois avant eux, en couples (1926, 1928, 1930 et 1932). A seulement 23 ans pour elle, 24 ans pour lui.
Au-delà, le duo imprime un peu plus encore sa marque sur la danse sur glace, la plus jeune discipline du patinage artistique. Il devient le septième tandem quatre fois médaillé d'or mondial et se rapproche à deux unités du record de sacres détenu par les Soviétiques Lyudmila Pakhomova et Alexandr Gorshkov (six titres en 1970, 1971, 1972, 1973, 1974 et 1976).
Ni une reprise de l'entraînement tardive l'été dernier, le temps de souffler après une olympiade éreintante, ni un hiver allégé en raison du dos bloqué de Cizeron début novembre (une seule étape du Grand Prix, pas de finale), n'ont dévié Papadakis et Cizeron de leur brillante trajectoire. "Comparativement à l'an dernier, il y avait moins de pression, on a pris les choses un petit peu plus sereinement, avec un peu plus de calme, explique-t-il. C'était la bonne chose à faire, c'est un tremplin pour les prochaines années, on essaie de garder un peu d'énergie pour les trois prochaines."
"On savait que ce serait une année où on aurait besoin de recharger les batteries. On avait besoin de prendre ça tranquillement, ça ne veut pas dire moins de travail et d'ambition, mais moins de pression contre soi-même. Ça nous a fait du bien, on a tiré beaucoup de choses positives de cette saison", complète sa partenaire. Pour le patinage français, c'est la première médaille de la compétition, après la désillusion connue plus tôt dans la semaine par Vanessa James et Morgan Ciprès en couples. Prétendant à l'or, le couple n'a terminé que cinquième, après une violente collision entre Vanessa James et un autre patineur dès l'échauffement précédant leur programme court.
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