Le plan de rigueur du gouvernement à l'épreuve de l'Assemblée
Union sacrée ? Pas vraiment... Sauf peut-être pour le plan d'aide à la Grèce. Les députés doivent, sans surprise, valider ce plan - la France sera le premier Etat européen à donner sans aval.
Ce qui fait débat, en revanche, c'est un autre plan - le plan de rigueur mitonné par le gouvernement. Critiqué de toutes parts, jusque dans les rangs de la majorité, il a été défendu tour à tour cet après-midi par les ministres de l'Economie et du Budget.
François Baroin, tout d'abord, s'est montré plutôt véhément. S'en prenant directement à l'opposition, qui ne manque pas une occasion de dire tout le mal qu'elle pense de la "règle d'or" voulue par le gouvernement.
“Comment allez-vous expliquer aux Français, qui sont à près de 80% favorables à la règle d'or, qu'elle est bonne après la présidentielle et pas avant, alors que c'est aujourd'hui qu'il faut la décider. Vous avez aujourd'hui une responsabilité, n'esquivez pas cette responsabilité qui est la vôtre. Changez.”
Et de poursuivre : “j'ai compris que responsabilité, crédibilité, sincérité et donc exigence ne font pas partie du dictionnaire de la rue de Solférino, c'est indiscutable.”. Les mesures gouvernementales suivent, elles, “un chemin de responsabilité, crédibilité, sincérité, exigence”.
La ministre du Budget, Valérie Pécresse, s'est ensuite employée à défendre les derniers arbitrages : taxe de 2% sur les nuitées dans les hôtels quatre et cinq étoiles. Et suppression de l'abattement sur les plus-values lors de la vente d'un résidence secondaire... à compter du 1er février 2012, alors que ce devait être immédiat.
Et comme ce n'est qu'une mise en bouche, les discussions s'annoncent longues. Très véhément, Jérôme Cahuzac, le président (socialiste) de la Commission des finances, a dénoncé un projet de loi de finances rectificatif qui n'avait aucune cohérence.
_ Et a démonté point par point cette "règle d'or" qui n'a, selon lui, rien à voir avec la version que les Espagnols ou les Allemands sont en passe d'adopter.
Ambiance... Avant même de rentrer dans le vif du sujet, les députés devaient se prononcer sur une motion de procédure - déposée par l'opposition. Une motion qui, sauf coup de théâtre, devait être rejetée.
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