Comment les oiseaux arrivent-ils à dormir debout ?
Jusqu'ici la recherche s'était intéressée au vol des oiseaux, mais assez peu à leur façon de se reposer. Cette fois, c’est fait, une étude publiée mercredi 15 novembre par La Royal Society nous apprend enfin pourquoi les oiseaux, contrairement aux humains, arrivent à dormir debout.
Notre point commun avec les 10 000 espèces d’oiseaux sur terre c’est que nous sommes des bipèdes. Mais si pour eux, dormir debout, voire sur une seule patte, est naturel, pour nous les humains, la sieste verticale n'est pas envisageable. Nous avons besoin,au minimum, de nous asseoir pour nous reposer.
Cela fait trois ans, qu'une équipe emmenée par Anick Abourachid, professeur au Muséum d'Histoire naturelle de Paris, travaille sur ce mystère, et l’énigme vient d'être résolue. Les oiseaux peuvent dormir debout, parce qu'en réalité, ils ont les pattes fléchies sous leurs plumes. Par une parfaite répartition des forces sur le squelette et les tendons, un oiseau n’a besoin d’aucun effort musculaire, ni d'aucune dépense énergétique pour tenir en équilibre de cette façon.
Ces scientifiques ont d'abord étudié la posture des oiseaux aux rayons X, puis ils ont simplifié le squelette de ces volatiles, par une armature en trois parties, ils ont ensuite tendu quatre câbles pour relier les différentes parties et simuler le rôle des tendons et là ils se sont rendu compte que le système tenait parfaitement en équilibre. Pour un oiseau, le fait de dormir debout repose sur ce qu’on appelle “la tenségrité”, c'est la faculté à maintenir son équilibre par un simple jeu de tension et de compression, mais sans dépenser aucune énergie. Contrairement à nous, les humains, qui avons besoin d’utiliser nos muscles pour tenir debout.
Des applications concrètes possibles
Cela ouvre la voie à de nouvelles applications technologiques. Cette découverte devrait aider les ingénieurs à mettre au point, par exemple, de nouveaux robots bipèdes, qui peuvent à la fois marcher et rester longtemps immobiles, de façon stable, pour faire, par exemple, de la surveillance ou encore de nouveaux trains d'atterrissages sur pattes pour des drones.
Il est possible d'envisager également des bras robotiques articulés simplifiés, actionnés par des câbles. Le plus intéressant dans tout ça, c'est que tous ces systèmes seront très économes en énergie.
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