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Violences sexuelles et sexistes : 285 femmes engagées en politique signent une tribune "pour un #MeToo politique"

Les signataires veulent que "les agresseurs sexuels [n'aient] pas leur place aux élections de 2022", la présidentielle et les législatives qui auront lieu au printemps.

Article rédigé par franceinfo
Radio France
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L'Assemblée nationale, en novembre 2021. (ADRIEN FILLON / HANS LUCAS)

Elles sont 285 femmes engagées en politique, en grande majorité de gauche,  signataires d'une tribune lundi 15 novembre dans Le Monde intitulée "Pour un #MeToo politique : les agresseurs sexuels n'ont pas leur place aux élections de 2022". Elles appellent "le monde politique à une réponse d'ampleur aux violences sexuelles et sexistes commises par nos représentants".

À quelques mois de la présidentielle 2022, la tribune note que "trois candidats à l'Elysée sont déjà cités dans de nombreux témoignages d’agressions sexuelles. Cela ne les empêche pas, loin de là, de considérer qu’ils sont dignes d’occuper la magistrature suprême. C'est dire à quel point la condition des femmes et des victimes leur est indifférente". Mais au-delà de la présidentielle, les signataires appellent à la vigilance pour les élections législatives qui suivront : "En juin 2022, nous élirons les membres de l’Assemblée nationale. Aujourd’hui, parmi les 577 député·e·s, certains sont auteurs de violences sexistes et sexuelles", dénonce encore la tribune, rappelant que, "au sein du Parlement, des mairies, des conseils départementaux et régionaux, des hommes mis en cause, parfois condamnés, pour viol, pour agression sexuelle, pour atteinte sexuelle sur mineur·e, pour violences conjugales sont élus".

"Écarter les auteurs de violences sexuelles et sexistes"

Les signataires exhortent "les appareils politiques à écouter les victimes et à faire œuvre de prévention. (…) Le monde politique doit assumer ses responsabilités et écarter les auteurs de violences sexuelles et sexistes de ses rangs et faire preuve d'exemplarité dans les désignations", d'autant que ces élus votent ou bloquent ensuite des lois sur les droits des femmes. Elles s'interrogent : "La parole des femmes s'est libérée, mais à quand une libération de l'écoute, une réelle prise en compte dans les partis politiques ?" Et demandent aux élus, élues et cadres de partis de signer "en masse" un engagement en trois points contre les violences sexistes et sexuelles en politique, rédigé par les signataires.

Cet engagement est un formulaire, mis en ligne sur le site metoopolitique.fr, dans lequel ils peuvent s'engager "à ne pas investir", "à ne pas donner mon parrainage", "à ne pas embaucher" une personne mise en cause pour violences sexistes ou sexuelles.

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Parmi les signataires de la tribune, figurent l'ancienne ministre socialiste des Droits des femmes Laurence Rossignol, l'adjointe socialiste à la mairie de Paris Audrey Pulvar, la porte-parole du PS Gabrielle Siry-Houari, la candidate arrivée deuxième à la primaire écologiste pour la présidentielle 2022 Sandrine Rousseau, l'ancienne maire écologiste de Marseille et première adjointe Michèle Rubirola, la députée écologiste Delphine Batho, l'eurodéputée La France insoumise Manon Aubry et la députée LFI Danièle Obono.

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