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Tennis : trois questions sur le retour à la compétition de Novak Djokovic, en lice à Dubaï

Privé de l'Open d'Australie à la suite d'un feuilleton politico-sanitaro-judiciaire, le Serbe revient sur le circuit à l'occasion de l'ATP 500 de Dubaï, qui débute lundi.

Article rédigé par Louise Gerber, franceinfo: sport
France Télévisions - Rédaction Sport
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 5min
Novak Djokovic, lors de la finale du tournoi de Dubaï, le 29 février 2020, contre le Grec Stefanos Tsitsipas. (KARIM SAHIB / AFP)

C'est un retour très attendu. Le Serbe Novak Djokovic, qui n'avait pas pu participer à l'Open d'Australie en janvier après un imbroglio lié à son statut vaccinal, refait son apparition sur les courts de tennis. Le numéro un mondial participe au tournoi de Dubaï (21-26 février), qu'il avait remporté en 2020 face à Stefanos Tsitsipas. 

"Je me réjouis de retourner jouer lundi. Le tennis me manque après tout ce qui s'est passé", avait déclaré le "Djoker" à la presse lors d'une visite du pavillon de son pays, la Serbie, à l'Exposition universelle de Dubaï, jeudi. Voici les questions que pose sa rentrée sportive.

Combien de temps a duré son absence ?

Le dernier match du numéro un mondial remonte au 3 décembre. Ce jour-là, "Nole" avait pris le meilleur sur le Croate Marin Cilic (6-4,6-2) lors des phases de groupe de la Coupe Davis à Madrid.

Depuis, il a passé 79 jours sans jouer de match officiel, sa plus longue absence depuis 2017. Cette saison-là, le Serbe s'était tenu éloigné du circuit pendant six mois. Souffrant du coude, il avait été contraint à l'abandon lors des quarts de finale de Wimbledon 2017 face à Tomas Berdych (7-5, 2-0). Le lauréat de douze trophées majeurs à l'époque avait fait son retour sur les courts en janvier 2018 pour l'Open d'Australie (où il avait été sorti en huitièmes par le Sud-Coréen Chung Hyeon). Le Serbe pointait à ce moment-là à la 13e place du classement ATP.

Après deux mois et demi loin des courts, le Serbe fera son grand retour à Dubaï  face à l'Italien Lorenzo Musetti, 57e mondial. Ce dernier l'avait poussé au cinquième set lors de leur dernier affrontement, en huitième de finale de Roland-Garros.  

Quelles perspectives pour la suite de sa saison ? 

Pour entrer aux Emirats arabes unis et donc prendre part à l'ATP 500 (les événements les plus importants après les tournois du Grand Chelem et les Masters 1 000), la vaccination n'est pas obligatoire. Une aubaine pour le Serbe, qui voit ses possibilités limitées par son refus d'être vacciné. 

De nombreux pays conditionnent en effet leur politique d'entrée sur le territoire à un passe vaccinal. Djokovic pourrait donc manquer une bonne partie des tournois de la saison, à commencer par la tournée américaine (Indian Wells et Miami, les deux premiers Masters 1 000 de l'année), puisque seules les personnes vaccinées (sauf dérogation) sont autorisées à entrer sur le sol américain. 

Son test positif du 16 décembre dernier ne lui octroie un certificat de rétablissement que jusqu'à la mi-avril. Dès lors, sa participation à Roland-Garros (22 mai-5 juin) s'avère compromise, sauf si les conditions de participations aux compétitions sportives changent d'ici là. Il est toutefois possible que le Serbe puisse défendre son titre à Wimbledon, en juillet, puisque le Royaume-Uni a déjà commencé à lever certaines restrictions sanitaires, notamment l'obligation de quarantaine pour les personnes non vaccinées.

Dans un entretien à la chaîne de télévision britannique BBC, il s'est dit "prêt à payer le prix" de ses convictions concernant le vaccin contre le Covid-19 en renonçant, si nécessaire, à Roland-Garros et Wimbledon. "Les principes qui conduisent à la prise de décision concernant mon corps sont plus importants qu'un titre ou que quoi que ce soit", avait-il déclaré. "Je vais suivre les règles et quel que soit le tournoi auquel je pourrai participer, j'essaierai d'aller dans ce pays et de jouer" a-t-il précisé dimanche, lors de sa conférence de presse à Dubaï. 

Quelles conséquences au classement ATP ?

Outre le coup d'arrêt dans sa quête d'un 21e titre en Grand Chelem, la non-participation de Djokovic à l'Open d'Australie a également mis en péril sa suprématie sur le classement ATP. S'il est toujours numéro 1 mondial pour le moment, sa couronne est en péril. Daniil Medvedev aurait déjà pu prendre le pouvoir s'il avait été sacré à Melbourne.

Les deux hommes vont cette semaine se livrer une bataille à distance. Medvedev, en lice à Acapulco, s'emparera de la première place du classement s'il s'impose dans le tournoi mexicain, quel que soit le résultat de Djokovic à Dubaï. Plusieurs autres scénarios sont possibles dans lesquels le Serbe perdrait son titre de numéro un mondial, notamment si Medvedev atteint la finale à Acapulco et que le Serbe ne remporte pas le titre, ou bien s'il perd avant les quarts de finale aux Emirats et que son dauphin passe le premier tour mexicain.

Une certaine pression pèsera donc sur les épaules de Djokovic à Dubaï. Son règne de 360 semaines au sommet du tennis mondial, un record chez les hommes, pourrait se terminer.

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