Nantes. Un des deux pères "privés d'enfants" redescend de sa grue
Il était venu soutenir un autre homme, qui a lui passé la nuit au sommet d'une grue sur les anciens chantiers navals.
Il a déployé une banderole blanche sur laquelle est écrit : "Benoît, 2 ans sans papa". Un homme a passé la nuit de vendredi 15 à samedi 16 février au sommet d'une grue géante installée sur les anciens chantiers navals de Nantes, pour un différend de garde d'enfant. Samedi matin, il a été imité par un autre "papa privé d'enfant", qui s'est retranché dans une deuxième grue géante avant d'en redescendre à 17 heures. Francetv info vous explique les raisons de leur action.
Qui sont ces "papas privés d'enfants" ?
Le premier, Serge Charnay, est privé depuis deux ans de droits de visite et d'autorité parentale sur son fils, à la suite d'une condamnation. "A l'origine de tout ça, il y a une décision absolument abominable de la magistrate, qui a fait voler en éclats ma famille, qui a détruit mon gamin et qui a détruit ma vie. Je veux que cette décision soit remise en cause", a martelé ce père désespéré, proche de l'association SVP Papa, au micro de France Info.
Le second, Nicolas Moreno, membre de l'association SVP Papa, est aussi "privé de ses deux garçons", selon sa mère. La maman des enfants habite le département des Landes alors qu'il vit dans l'Isère. "C'est une action de solidarité avec le premier papa retranché dans la première grue et en solidarité avec tous les papas qui veulent s'occuper de leurs enfants", a expliqué sa mère.
Qu'en disent les associations de pères ?
Le président de l'association SVP Papa, Yann Vasseur se désolidarise de l'action des deux papas. "Nous avons soutenu vendredi l'action de Serge Charnay(...), mais nous devons nous désolidariser malheureusement de l'action aujourd'hui", a expliqué Yann Vasseur. "Même si Nicolas Moreno, le deuxième papa, est membre de notre association, nous ne pouvons cautionner que nos membres mettent en danger leur vie", a-t-il précisé.
"Ces hommes prennent en outre le risque de passer du statut de 'papas' à celui de 'forcenés'", a ajouté le président de l'association. "Et nous risquons de perdre les autorisations de manifestation que nous avions obtenues pour le 20 février", a-t-il ajouté. Ce n'est toutefois pas l'avis de l'association SOS Papa, qui soutient cette action. Selon son président Fabrice Mejias, "ces deux papas sont des victimes de la justice familiale en France (...) On connaît leur histoire, on ne peut que soutenir leur action, même si (...) nous ne les avons en aucun cas encouragés".
Que proposent les autorités ?
Vendredi, des négociations ont été engagées avec Serge Charnay pour tenter de le convaincre de descendre. Dans la soirée, à l'aide d'une nacelle au bout de la grande échelle des pompiers, "nous lui avons présenté une requête expresse qu'il peut déposer auprès de la justice, qui peut être audiencée le 28 mars, ce qui est extrêmement rapide", a raconté le préfet.
"Les magistrats se sont mobilisés, c'était la seule réponse de droit possible, mais après réflexion il est revenu avec de nouvelles demandes", a ajouté le préfet. D'après les secours, Serge Charnay est équipé pour tenir plusieurs jours. Mais la police garde le contact avec lui, au cas ou il souhaiterait descendre.
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