"On doit marcher pour vivre", témoignent des Vénézuéliens sur le chemin dangereux de l'exode
Malgré la fatigue et le danger, des milliers de Vénézuéliens, à pied, continuent de fuir leur pays vers la Colombie, par une route de montagne périlleuse.
L'Amérique latine a appelé, mercredi 5 septembre, le Venezuela à accepter de l'aide humanitaire afin de freiner l'exode massif des habitants fuyant le marasme vers les pays voisins.
À pied et par centaines, les migrants franchissent la frontière colombienne et poursuivent leur exode par une route de montagne périlleuse, à plus de 3 000 mètres d'altitude dans la cordillère orientale des Andes.
En Colombie, la route de montagne entre Cucuta, à la frontière avec le Venezuela et Bucaramanga, ville-étape de l'exode, la route est parfois plongée dans le brouillard. Les migrants, fuyant le Venezuela, avancent dangereusement sur les bas-côtés étroits, frôlés par les camions. Des centaines d'exilés, jeunes, moins jeunes, parents, enfants, traînent des valises, sacs sur la tête ou sur le dos.
Il faut qu'on marche, qu'on passe le plateau, sinon on peut mourir ici, car il fait trop froid.
Dany, 19 ans, fuyant à pied le Venezuelaà franceinfo
Parmi les Vénézuéliens rencontrés : Julié, 24 ans. La jeune femme attend qu'un camion ou qu'une voiture s'arrête pour l'emmener. Elle n'a plus d'énergie et s'inquiète pour sa fille de trois ans, à ses côtés. "C'est très difficile pour elle, elle est trop petite. Il fait trop froid pour elle. On a besoin de vêtements chauds", dit-elle. Le voyage se passe mal : "En route, on a eu des problèmes, on nous a volé notre argent, nos téléphones portables, on nous a laissés sans rien."
Ce qui fait avancer Windy, 29 ans, c'est ce qu'elle fuit, "l'état de notre pays", témoigne-t-elle la voix brisée.
Les gens vivent dans la misère. Il y a beaucoup de malnutrition, pas assez de repas, pas assez d'aliments.
Windy, Vénézuélienne de 29 ansà franceinfo
Le président du Venezuela, Nicolas Maduro, affirme que l'exode n'existe pas, que c'est une invention de l'étranger. "C'est nous qui sommes ici. C'est nous qui devons parler, dire la réalité. Nous quittons le pays, alors que c'est nous qui aimons vraiment notre patrie", lance la jeune femme avant de poursuivre sa route, à pied.
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