Les banquiers ont rendez-vous à l'Elysée
Ce serait "la moindre des choses", a estimé le président français qui, lors de ses vœux aux acteurs économiques jeudi à Vesoul, a conditionné l'aide apportée par l'Etat aux banques françaises à contreparties. Le chef de l’Etat a notamment souligné que les banques devaient, au minimum, suspendre la part variable des rémunérations de leurs dirigeants en 2009 et demandé qu'elles "modèrent en 2009 leur distribution de dividendes".
Mais pour l’heure, seuls le président et le directeur général de BNP-Paribas ont annoncé ce week-end qu'ils ne profiteraient pas de leur bonus pour l'exercice 2008. Et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’on ne se bouscule pas au portillon pour leur emboîter le pas. Du côté de la Fédération des banques françaises, la réaction est prudente. "La politique de dividendes (des banques françaises) dépend des conseils d'administration et des assemblées générales", a ainsi déclaré Georges Pauget, le président de la FBF. "Les rémunérations relèvent des comités de rémunération et des conseils d'administration", a-t-il ajouté.
Hier, à la veille d'une réunion du chef de l'Etat avec les principaux groupes bancaires (ce soir à l'Elysée), Christine Lagarde a mis en garde. ''Les banques doivent comprendre que nous avons changé d'époque'', prévient-elle dans un entretien aux Echos. Et la ministre de l’Economie de rappeler aux dirigeants des banques récalcitrantes que la condition sine qua non pour pouvoir bénéficier d’un nouvel apport de fonds propre, c’est de "renoncer à leur part variable cette année''.
_ ''L'Etat a son mot à dire car les capitaux que nous apportons pourront s'apparenter à des actions'', précise-t-elle. Et d’assurer que si les banques ne changent pas d'attitude, ''elles devront trouver un autre guichet ''.
Cécile Mimaut, avec agences
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