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Changement climatique : entre choc et indignation, le monde frappé par les nouvelles conclusions du rapport du Giec

Le rapport "doit sonner le glas du charbon et des énergies fossiles, avant qu'ils ne détruisent la planète", a déclaré le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres.

Article rédigé par franceinfo avec AFP
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Temps de lecture : 3 min
L'île d'Euboea en Grèce, ravagée par des incendies le 8 août 2021. (ANGELOS TZORTZINIS / AFP)

Des dirigeants de la planète aux militants climat, le nouveau rapport des experts climat de l'ONU a provoqué lundi 9 août une avalanche de réactions. Les messages, entre espoirs de ralentir le désastre par des actions immédiates et appels à la mobilisation citoyenne pour maintenir la pression, se sont multipliés toute la journée.

>> Changement climatique : ce qu'il faut retenir du sixième rapport des experts du Giec publié aujourd'hui

Le rapport "doit sonner le glas du charbon et des énergies fossiles, avant qu'ils ne détruisent la planète", a déclaré le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres, qualifiant les mises en garde du Giec d'"alerte rouge pour l'humanité". Selon le constat des scientifiques de l'ONU, le réchauffement de la planète pourrait atteindre le seuil de +1,5°C autour de 2030, dix ans plus tôt qu'estimé, menaçant de nouveaux désastres "sans précédent" l'humanité.

Alors que la planète a gagné pour l'instant +1,1°C, le monde voit de ses propres yeux les conséquences déjà à l'œuvre. Encore plus cet été, avec les images de flammes ravageant l'Ouest américain, la Grèce ou la Turquie, des flots submergeant des régions d'Allemagne ou de Chine, ou un thermomètre qui frôle les 50°C au Canada. "Vous nous parlez depuis plus de 30 ans des dangers de laisser la planète se réchauffer. Le monde a écouté, mais n'a pas entendu", a déclaré Inger Andersen, patronne de l'ONU-Environnement. Résultat : "Personne n'est en sécurité. Et c'est de pire en pire de plus en plus vite".

"Le temps de l'indignation est derrière nous."

Les réactions politiques ont été nombreuses. "Ce n'est pas trop tard pour endiguer la tendance et empêcher un dérèglement incontrôlable du changement climatique, à condition d'agir résolument maintenant et tous ensemble", a insisté sur Twitter le vice-président de la Commission européenne Frans Timmermans. "Nous savons ce qu'il faut faire pour limiter le réchauffement de la planète : reléguer aux oubliettes le charbon et passer à des sources d'énergie renouvelables, protéger la nature et financer le climat", a quant à lui réagi le Premier ministre britannique Boris Johnson, dont le pays accueillera en novembre la cruciale conférence climat de l'ONU COP26.

"Nous ne pouvons pas attendre", a assuré de son côté l'envoyé spécial américain pour le climat John Kerry, appelant les gouvernements à prendre des "décisions courageuses". Le président français Emmanuel Macron a appelé à "un accord à la hauteur de l'urgence" lors  de la COP26, constatant que "le temps de l'indignation est derrière nous".

Greenpeace donne rendez-vous au tribunal

Les associations écologistes se sont montrées amères devant les conclusions des scientifiques. "Les mêmes gouvernements qui ont ignoré l'Accord de Paris ne nous sauveront pas", a répondu le mouvement Extinction Rebellion. "Seule la résistance civile le peut", ont ajouté ces militants en appelant sur Twitter à les rejoindre. Tout comme les jeunes de Fridays for Future prêts à "se battre plus fort que jamais".

Quant à Greenpeace, c'est à la justice que l'ONG prévoit d'apporter le rapport du Giec. "Chère industrie des énergies fossiles, nous vous retrouverons au tribunal". Et si "vous êtes désespérés à la lecture du rapport", ce n'est pas surprenant et "vous n'êtes pas tout seul", note la climatologue Katharine Hayhoe. "Reconnaître ce que l'on ressent est essentiel. Et ensuite, transformez cette peur en action".

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