Bruxelles : après deux mois de grève de la faim, 450 sans-papiers suspendent leur mouvement
Ils ont accepté de suspendre leur grève de la faim après une "main tendue" du gouvernement belge.
La grève de la faim observée depuis deux mois à Bruxelles (Belgique) par quelque 450 sans-papiers exigeant un titre de séjour avec accès au marché du travail est "provisoirement suspendue", a annoncé mercredi 21 juillet leur comité de soutien. Il salue "une main tendue" par le gouvernement, puisqu'il leur a été proposé de faire valoir des "circonstances exceptionnelles", comme un ancrage long en Belgique, ou, pour un plus petit nombre, "la possibilité d'une protection internationale", explique le comité.
Le Premier ministre belge, Alexander De Croo, a réagi immédiatement en estimant que "mettre fin à la grève de la faim est la seule bonne décision". "Un gouvernement ne peut jamais accepter le chantage", a ajouté le dirigeant libéral flamand dans un communiqué distinct.
Cette grève de la faim entamée le 23 mai sur trois sites bruxellois occupés par les sans-papiers mettait sous pression le gouvernement belge, une fragile coalition de sept partis associant notamment libéraux, socialistes et écologistes. Le week-end dernier, les chefs du PS francophone et d'Ecolo-Groen avaient dit publiquement redouter "un drame imminent", interpellant le Premier ministre pour lui demander de décharger du dossier le secrétaire d'Etat à l'Asile et à la Migration, Sammy Mahdi. Le président du Parti socialiste belge, Paul Magnette, a salué sur Twitter "l'ouverture d’un dialogue avec les autorités".
Heureux que les sans papiers annoncent l’interruption de la grève de la faim et l’ouverture d’un dialogue avec les autorités. Merci à @PYDermagne d’avoir défendu avec fermeté ce point au gouvernement et à @PhilippeClose d’avoir apporté le soutien décisif de la Ville de Bruxelles.
— Paul Magnette (@PaulMagnette) July 21, 2021
L'émoi de la communauté internationale
Deux experts de l'ONU se sont également émus de la dégradation de l'état de santé de certains grévistes, notamment parmi ceux hébergés dans une église bruxelloise. L'un d'eux, Olivier De Schutter, a jugé urgent de délivrer des titres de séjour temporaire. Selon l'organisation Médecins du monde Belgique, une des ONG intervenant auprès des grévistes, quelque 300 d'entre eux avaient même entamé le 16 juillet une "grève de la soif".
Ces étrangers en situation irrégulière sont principalement des Marocains et des Algériens. Pour négocier les titres de séjour, le comité de soutien a mis en avant des années de séjour en Belgique dans des secteurs en manque de main-d'œuvre comme le bâtiment, la restauration ou le nettoyage.
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