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Nouveau bras de fer au Caire entre partisans et détracteurs de Morsi

Journée sous tension pour les Egyptiens, avec des manifestations rivales des partisans du président Mohamed Morsi et de ses détracteurs, sous l'oeil de l'armée chargée de préserver la sécurité jusqu'aux résultats du référendum controversé de samedi. Dans l'après-midi, des milliers de partisans et d'adversaires du président sont descendus dans les rues du Caire et d'Alexandrie dans un calme relatif.
Article rédigé par Ludovic Pauchant
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2min
Franceinfo (Franceinfo)

Depuis l'élection en juin dernier du président Mohamed Morsi, issu des
Frères musulmans, chaque jour révèle un peu plus les profondes divisions dans le pays deux ans après la
révolte populaire qui avait forcé la démission d'Hosni Moubarak. Au centre de la crise actuelle, le projet de Constitution voulue par Mohamed Morsi et qui doit être soumis samedi à référendum.

Le parti Al-Nour ne manifestera pas

Dans la nuit de
mercredi à jeudi dernier, les accrochages entre partisans et opposants à la politique de Mohamed Morsi ont fait sept mort. Mardi, les nouvelles manifestations prévues font craindre des affrontements. Dans l'après-midi, plusieurs centaines d'opposants sont parvenus à franchir dans le calme un barrage érigé par les militaires à proximité du palais présidentiel.

Côté "pro", une coalition de partis et mouvements islamistes s'est
donnée rendez-vous à Nasr City, à deux kilomètres du palais
présidentiel. Reportée de quelques heures, la manifestation a réuni en fin d'après-midi des milliers de manifestants. Seul le parti Al-Nour, principale force salafiste du pays, a appelé
à s'abstenir de manifester pour ne pas aviver les tensions et n'était pas
présent.

L'armée contient les opposants dans le calme

Côté "anti", l'opposition, emmenée par le Front du salut
national dirigé par le Prix Nobel de la paix Mohamed ElBaradei, a également
prévu de défiler dans l'après-midi sur la Place Tahrir en plein centre du
Caire, et dans la banlieue d'Héliopolis, aux abords du palais présidentiel protégé par l'armée. 

Le FSN, qui rassemble des partis et groupes en majorité de
tendance libérale et de gauche, a rejeté samedi tant le référendum que le
projet de Constitution
, estimant que le texte ouvrait la voie à une islamisation
accrue de la législation et ne proposait pas de garanties pour la préservation
des libertés. Dans la journée, Amr Moussa, ex-patron de la Ligue arabe et
figure du FSN, expliquait que "reporter le référendum à dans deux mois
résoudrait beaucoup de problèmes
" que cela permettrait "de
revoir certains articles et donnerait à la société la possibilité de l'étudier
et de donner son opinion
".

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