Présidentielle en Tunisie : vers un second tour
L'Instance supérieure indépendante pour les élections (ISIE) devrait annoncer d’ici mercredi les résultats préliminaires du premier tour de l’élection présidentielle tunisienne qui s’est déroulée dimanche. Mais un second tour semble d’ores et déjà acquis, ont annoncé sans attendre les équipes de campagne des deux principaux candidats.
Près de quatre ans après la chute du régime de Zine el Abidine Ben Ali, ces élections libres, les premières du genre dans l'histoire du pays, devront départager le candidat anti-islamiste, en tête du premier tour selon les derniers sondages, et le président sortant par intérim, dans un contexte de transition post-révolution qui n'a pas vu cependant l’essor d'une conscience politique chez beaucoup de Tunisiens. Pour preuve, le taux de participation relativemement faible dimanche.
Essebsi contre Marzouki
Béji Caïd Essebsi, le premier, qui fêtera ses 88 ans samedi prochain, ne représente pas vraiment le changement attendu par les Tunisiens qui se sont révoltés. Le candidat de l'alliance laïque Nidaa Tounes, composé de membres du RCD déchu, incarne l’ancien régime. Même si son parti est arrivé en tête des législatives le 26 octobre dernier. Président de la chambre des députés du temps de Ben Ali, il a été ministre de l’Intérieur sous Bourguiba. Une plainte pour torture a été déposée contre lui.
Quant à Moncef Marzouki, son challenger, il a fait l’objet des pires moqueries pendant son mandat de président entamé en 2011 et ne jouit pas de la même aura auprès de nombreux Tunisiens après les trois années qu’il vient de passer au palais de Carthage. Surnommé**** Tartour, une sorte de guignol, ce militant des droits de l’Homme est associé à l’échec de la période post-révolution et à celui des islamistes d’Ennahda, dont il a bénéficié des voix pour ce premier tour.
Le second tour, qui aura probablement lieu en décembre, devrait voir la victoire de Béji Caïd Essebsi, qui revendique déjà au premier tour au moins dix points d'avance et dont le parti a rassemblé le plus de sièges à l’Assemblée. Son réservoir de voix semble plus important que celui de son adversaire.
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