Belgique : Bruxelles touchée par la criminalité liée au trafic de drogue
En Belgique, la grande criminalité n’est plus circonscrite à la région d’Anvers, mais s’installe durablement dans certains quartiers de Bruxelles : en une dizaine de jours, il y a eu sept échanges de coups de feu, faisant un mort et plusieurs blessés. La dernière attaque date du 19 février à Forest, un quartier plutôt résidentiel. Il est environ 21 heures, une voiture s’arrête à hauteur d’un piéton, ses occupants cagoulés tentent de le faire monter de force dans leur voiture mais il résiste. Des coups de feu sont tirés. L’homme, blessé à la jambe, est laissé sur le trottoir, ses agresseurs réussissent à prendre la fuite.
Cinq jours plus tôt, un échange de tirs dans une zone connue pour le trafic de drogue avait fait un mort. La veille, en plein après-midi, des coups de feu avaient été tirés en l’air au même endroit avec une arme automatique. Des médias belges diffusent aussi la vidéo d’un homme armé qui circule en trottinette de nuit sur un grand boulevard de la ville. À un moment il dégaine un pistolet et tire en direction d’un groupe d’hommes.
Guerre de territoires sur fond de trafic de drogue
Le parquet communique peu, mais c’est la piste privilégiée. Les bourgmestres de trois communes parmi les plus concernées, Saint-Gilles, Ixelles et Anderlecht (l’équivalent de nos maires d’arrondissement), sont très alarmistes. Des organisations mafieuses sont en train de prendre le pouvoir sur le marché de la drogue, estiment-ils, avec des méthodes ultraviolentes : intimidation, enlèvement, exécution… Ces fusillades s’inscrivent dans une lutte de territoires pour le trafic de stupéfiants, et il ne s'agit pas de petits deals de quartier, raconte le bourgmestre de Saint-Gilles, Jean Spinette. La police multiple les arrestations et les saisies. Les montants sont en effet très importants.
Dans le journal Le Soir, les trois élus appellent à une mobilisation générale des autorités. En 2016, la Belgique a été surprise par les attaques terroristes sur son sol et a alors mis en place un organisme de coordination spécifique pour y faire face. Les trois élus demandent un équivalent pour lutter ce qu’il qualifient de "nouveau cancer" pour leurs quartiers.
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