Reportage "Qu'ils prennent leurs responsabilités et qu'ils s'en aillent !" : à Jérusalem, les familles d'otages israéliens interpellent les députés de la majorité devant la Knesset

En Israël, les familles de victimes du 7 octobre, protestent contre la méthode du gouvernement de tenter de libérer les otages par la force. Devant le parlement israélien, les échanges entre familles et députés sont tendus.
Article rédigé par Thibault Lefèvre
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2min
Une manifestation devant le parlement israélien, le 15 janvier 2024. (AHMAD GHARABLI / AFP)

Depuis quelques semaines, à Jérusalem, la Knesset, le Parlement israélien, est devenue le lieu d’affrontement entre les familles des victimes du 7 octobre et les députés de la majorité. Un affrontement et une question qui n’a toujours pas été tranchée : faut-il continuer la guerre pour libérer les otages par la force, comme le veut le gouvernement, ou faut-il négocier avec le Hamas, comme l’exige la majorité des familles ?

Il y a une semaine, ils sont entrés de force dans la Knesset, et ont interrompu une commission parlementaire. Depuis près de trois mois, les familles d’otages et de disparus occupent une grande tente en face du Parlement.

Ici, les uns pleurent, pendant que les autres dansent. Yacov Godo, papa de Tom assassiné le 7 octobre dans le Kibboutz de Kissoufim, laisse éclater sa colère : "J’ai juré sur sa tombe que j’allais monter à Jérusalem, m’asseoir en face de la Knesset et que je resterais là jusqu’à ce que ce gouvernement, et celui qui le dirige, tombe. Qu’ils prennent leurs responsabilités et qu’ils s’en aillent !"

"Entre les mains du diable"

Dimanche dernier, des ministres d’extrême droite et des députés de la majorité, ont organisé une grande conférence pour célébrer leur projet de recolonisation de Gaza. "Je n’ai rien à dire aux familles qui ont perdu quelqu’un. Leurs proches se trouvent entre les mains du diable, ce sont des nazis", dénonce Ariel Kellner qui a participé au meeting, il appartient au Likoud, le parti du Premier ministre.

"Mais nous sommes aussi responsables de l’avenir de notre pays devant dix millions de citoyens. Là où nous vivons, nous n’avons pas d’autres choix qu’une victoire écrasante pour éliminer le Hamas."

Ariel Kellner

à franceinfo

Des négociations pour un nouveau cessez-le-feu sont en cours, mais Benyamin Netanyahou a répété, mardi 30 janvier, qu’il refusait de libérer ceux qu’il appelle des terroristes palestiniens, pour permettre la libération d’otages.

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