Le débrief politique. Benoît Hamon déploie des caravanes pour défendre son revenu universel
Le "Hamon tour", la crise guyanaise au menu du gouvernement, François Fillon dépensier... Tout ce qu'il ne fallait pas rater dans l'actualité politique de lundi 3 avril avec Louise Bodet.
Le "Hamon tour" sillonne les routes de France
En perdition dans les sondages, le candidat socialiste a présenté ses "caravanes du revenu universel" : trois caravanes et une quinzaine de volontaires dans 120 villes de France jusqu'au 21 avril pour faire de la pédagogie sur sa mesure phare, celle qui l'a placé au centre de la primaire à gauche mais qui, aujourd'hui, le marginalise. "Le but, explique l'un des militants, c'est de se débarrasser de cette étiquette d'utopie ou de destructeur du budget national". Le candidat, lui, réaffirme que son revenu universel d'existence "coûte moins cher que le CICE ou le pacte de responsabilité". Parallèlement, un simulateur permettant à chacun de tester cette mesure a été en ligne ce lundi soir sur le site de Benoît Hamon.
⏰ 1er tour J-20 ! #JeVotePour la création du revenu universel d'existence
— Benoît Hamon (@benoithamon) 3 avril 2017
Utilisez notre simulateur: ⬇️ https://t.co/TK0pONdZuZ pic.twitter.com/hccwTMkKQC
La Guyane, dossier "boulet" d'un gouvernement en sursis
La Guyane s'enfonce dans la crise et la fin du quinquennat Hollande s'assombrit. Le gouvernement promet un milliard d'euros au territoire d'Outre-mer mais le collectif de grévistes réclame plus du double. "Irréaliste", tranche Bernard Cazeneuve depuis Matignon où il a réuni, ce lundi après-midi, une douzaine de ministres. "La Guyane ne pourra pas décoller sur la base de fausses promesses et d'engagements non tenus", dit le Premier ministre, tout en appelant à la "raison" et à "la levée des barrages".
Le message est clair : ce sera à la future équipe gouvernementale de s'engager, sauf que son équipe est encore en place pour plusieurs semaines et qu'il va être difficile d'en rester là en Guyane.
Fillon remet un euro dans la machine à soupçons
Sur la radio RMC, ce matin le candidat Les Républicains semble surpris quand on lui demande s'il arrive à mettre de l’argent de côté. "Non", répond François Fillon. Sauf que dans ses récentes déclarations de patrimoine, du 16 décembre 2016 et du 16 mars 2017, il a bel et bien plusieurs comptes épargne et autres assurances-vie. Et puis, François Fillon assure avoir remboursé le prêt de 50 000 euros contracté auprès de son ami Marc Ladreit de Lacharrière mais s’il n’épargne pas ou peu, où a-t-il trouvé cette somme ? Franceinfo a contacté ses avocats qui, pour l'instant, n'ont pas souhaité répondre.
Depuis sa mise en examen, notamment pour détournements de fonds publics, ce sujet ne lâche plus le candidat. Pourtant celui-ci ne voudrait parler que du fond. Ce lundi, il a lancé avec ses équipes l'opération "Parlons projet", un journal de campagne distribué à dix millions d'exemplaires, une dizaine de meetings d'ici le premier tour dont celui de la Porte de Versailles à Paris dimanche 9 avril où 10 000 personnes sont attendues, et une opération par jour pour la dernière semaine de campagne, un rétro-planning intitulé "On fonce vers la victoire".
Le Pen mêle commentaires artistique et politique
Entre une étape à Lencloître (Vienne) et un meeting à la Bazoche-Gouet (Eure-et-Loir), la candidate du Front national s'est rendue dans un château privé à Jaunay-Clan (Vienne) où se tient une exposition d'art abstrait, et surtout pas d'art contemporain qui rime, selon Marine Le Pen, avec argent et spéculations. La candidate FN promet une hausse de 25% du budget pour le patrimoine, "car ce patrimoine n'est pas entretenu" dit-elle.
Interrogée, ce lundi sur France Culture, à propos notamment du système de retraites, Marion Maréchal-Le Pen a affirmé que le parti souhaitait "remettre en cause les régimes spéciaux, extrêmement chers et qui ne se justifient plus au regard de l'évolution des métiers qu'ils concernent". Or, cela ne figure pas dans le programme présidentiel, de quoi pimenter un peu plus les relations familiales entre la nièce et la tante.
Pour Macron, Marine Le Pen est "favorite"
Le candidat de En Marche affirme dans une interview au journal Le Monde qu'il est loin d'être le favori de l'élection, "je reste un outsider". Au rebours des sondages, qui le donnent tous au coude à coude avec la candidate frontiste au premier tour, et largement devant elle au second tour, il affirme que "ceux qui disent que Marine Le Pen ne peut pas passer le second tour sont les mêmes qui disaient que Trump ne pourrait jamais gagner". Emmanuel Macron, qui se dit convaincu de disposer d'une majorité une fois élu président, précise qu'il n'hésitera pas à utiliser l'arme du 49.3 pour passer en force à l'Assemblée en cas de blocage de ses réformes.
"Le prix de l'ingratitude" attribué à Donald Trump
Le président américain n'a "jamais rencontré" Marine le Pen, il ne "la connaît pas" et ne la soutient donc pas. Dans une interview au Financial Times, le président américain explique "ne pas du tout savoir ce qui va se passer" lors de l'élection présidentielle française : "ce sera une élection très intéressante". On a connu soutien plus chaleureux, alors que la candidate FN, elle, a applaudi à tout rompre l'accession de Donald Trump à la Maison Blanche en novembre dernier.
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